Production de thé au Burundi en déclin : causes et solutions envisagées

Théiculture au Burundi : 1 300 hectares abandonnés ou détruits, la production chute de 30 %
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La production de thé au Burundi a enregistré une baisse alarmante de 30% au cours des dix dernières années, selon des données récentes et concordantes. Cette diminution significative met en lumière les défis profonds et complexes auxquels est confrontée l'industrie du thé, un secteur économique vital pour le pays. Face à cette situation préoccupante, une réunion clé s'est tenue le jeudi 3 septembre 2026 afin d'aborder cette crise et de discuter activement des pistes de solutions envisageables. Les acteurs clés du secteur, dont l'Office du thé du Burundi (OTB), se sont réunis pour analyser en détail les causes multiples de ce déclin et envisager des stratégies concrètes pour relancer la production et assurer la pérennité de cette filière. Cette rencontre stratégique est intervenue alors que les régions traditionnellement productrices de thé, telles que Kayanza, Rwegura et Butanyerera, sont particulièrement impactées par cette tendance négative, subissant de plein fouet les conséquences de cette baisse.

Baisse de production et superficies abandonnées

Les chiffres révèlent l'ampleur du problème : plus de 1 000 hectares de plantations de thé ont été abandonnés à travers le pays, contribuant de manière directe et significative à la baisse globale de la production. Ces superficies, autrefois cultivées avec soin et dédiées à la production théicole, ne sont désormais plus exploitées, réduisant d'autant la capacité productive globale du secteur. L'abandon de ces terres fertiles représente un défi majeur pour l'industrie théicole burundaise, confrontée à une diminution drastique de ses récoltes annuelles. Cette situation affecte directement les volumes de thé transformé dans les usines locales et, par conséquent, les quantités exportées, impactant ainsi de manière significative les revenus des producteurs et les précieuses recettes d'exportation du Burundi.

Le prix fixé pour un kilogramme de feuilles vertes de thé est actuellement de 500 Fbu. Ce tarif est appliqué uniformément aux producteurs qui fournissent les usines de transformation du pays. La question du prix d'achat des feuilles aux cultivateurs est un élément central et souvent décisif dans la motivation des agriculteurs à maintenir et à développer leurs plantations. Les acteurs du secteur analysent attentivement l'impact de ce prix sur la rentabilité pour les petits exploitants, cherchant à déterminer son rôle potentiel dans la démotivation et l'abandon de certaines parcelles.

Facteurs de démotivation des producteurs

La démotivation des producteurs est un facteur aggravant du déclin. Plus de 300 hectares de plantations de thé ont été arrachés ou détruits volontairement par les agriculteurs, contribuant à cette démotivation et à la diminution drastique des surfaces cultivées. Cette perte de superficies productives, qui s'ajoute aux terres simplement abandonnées, accentue le déclin général de la production théicole dans le pays, rendant la tâche de relance encore plus ardue.

Un facteur externe majeur a également eu un impact significatif : la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Ce conflit a eu des répercussions mondiales, perturbant notamment les chaînes d'approvisionnement internationales, et affectant de manière directe le marché des engrais. Cette situation a entraîné des difficultés d'accès et une hausse vertigineuse des coûts pour les agriculteurs burundais, rendant plus onéreuse et parfois impossible la fertilisation adéquate des plantations de thé, essentielle pour maintenir des rendements élevés.

Pour faire face à cette problématique clé et atténuer les effets de la volatilité des marchés mondiaux, l'Office du thé du Burundi (OTB) a mis en place une nouvelle stratégie proactive. L'organisme a initié l'achat direct d'engrais chimiques auprès des producteurs. Cette mesure vise à stabiliser les prix des intrants agricoles et à assurer un approvisionnement plus fiable et plus juste pour les cultivateurs de thé, réduisant ainsi leur dépendance aux fluctuations du marché international.

Mesures pour relancer le secteur

Dans ce contexte de crise, une réunion clé a été organisée dans l'usine de thé de Rwegura, située précisément dans la commune de Kayanza, province de Butanyerera, dans le nord du Burundi, afin de discuter en profondeur des stratégies de relance. L'Office du Thé du Burundi (OTB) envisage sérieusement d'augmenter le prix d'achat des feuilles vertes de thé, une mesure destinée à motiver fortement les producteurs et à encourager activement la culture. Cette initiative vise à rendre la production plus attractive et économiquement viable pour les agriculteurs, notamment face aux coûts croissants des intrants et à la tendance à l'abandon de certaines parcelles.

En parallèle, l'OTB s'engage à garantir l'approvisionnement en engrais : la disponibilité des engrais est prévue pour octobre 2026, un élément clé pour soutenir la productivité et la vitalité des plantations. L'OTB prévoit également de reprendre la fertilisation des plantations deux fois par an, un programme essentiel pour améliorer de manière significative la qualité et le volume des récoltes de thé, contribuant ainsi à inverser la tendance actuelle de déclin. Ces mesures combinées représentent un effort concerté pour revitaliser l'industrie théicole burundaise et assurer son avenir.