L'équipe des Intamba d'antan, pilier historique du football burundais, rassemblait des joueurs issus de clubs emblématiques tels que Vital'O, Burundi Sport Dynamique, Prince Louis, Fantastique et Inter FC. Cette formation représentait l'élite du ballon rond à une époque où le sport national ne connaissait pas encore les mécanismes du professionnalisme moderne. En réunissant les talents les plus prometteurs de ces structures, l'équipe des Intamba d'antan a su forger une identité collective forte, devenant le symbole d'une ère où le football national se construisait sur la base de rivalités locales saines et d'une passion partagée par l'ensemble des supporters.
Les joueurs de cette génération ne bénéficiaient pas du statut de millionnaires professionnels. La pratique du football se déroulait alors principalement le dimanche, en marge d'activités professionnelles que chaque athlète exerçait durant la semaine pour assurer son quotidien. Ces hommes, qui occupaient des emplois variés dans la vie civile, troquaient leurs tenues de travail pour le maillot de leur club chaque fin de semaine. Cet engagement amateur, marqué par une forte identité locale, structurait le paysage sportif de l'époque. Loin des contrats lucratifs et des transferts internationaux, la motivation première de ces footballeurs résidait dans l'honneur de représenter leurs couleurs respectives et dans la fierté de porter le maillot national lors des confrontations dominicales. Cette réalité, où le sport et le travail se côtoyaient quotidiennement, a façonné le caractère des Intamba d'antan, faisant d'eux des figures respectées au sein de la communauté.
Le Stade FFB, épicentre de ces rencontres, porte une histoire gravée dans la toponymie de la capitale. Cet équipement sportif était historiquement connu sous le nom de FIFU, un acronyme signifiant Fédération Indigène de Football d'Usumbura. Ce lieu, ancré dans le passé de la ville d'Usumbura, demeure le témoin des premières heures du football organisé avant les évolutions administratives et structurelles ultérieures. Les murs du stade, qui ont vibré au rythme des exploits des joueurs issus de Vital'O, Burundi Sport Dynamique, Prince Louis, Fantastique et Inter FC, conservent la mémoire d'un football authentique.
Chaque dimanche, le stade FIFU se transformait en un véritable lieu de rassemblement populaire. La dénomination Fédération Indigène de Football d'Usumbura rappelle l'ancrage social profond de cette discipline dans la cité d'Usumbura. À cette époque, le stade n'était pas seulement un terrain de jeu, mais un espace de rencontre où les travailleurs de la semaine devenaient, le temps d'un match, des héros locaux acclamés par une foule fervente. Le passage de l'appellation FIFU à celle de Stade FFB marque une transition dans la gestion du football national, mais l'âme du site, imprégnée des souvenirs des Intamba d'antan, continue de hanter l'esprit des passionnés. En se remémorant ces joueurs qui jonglaient entre leurs obligations professionnelles et leur passion pour le ballon, on mesure l'évolution du football burundais. Cette période, bien que révolue, constitue le socle sur lequel repose aujourd'hui l'organisation sportive du pays. Les Intamba d'antan restent, par leur dévouement et leur simplicité, les pionniers d'une aventure humaine et sportive qui a su marquer durablement l'histoire du football burundais, bien avant que les exigences du sport moderne ne viennent transformer radicalement les pratiques et le statut des athlètes.