Bruce Sebanza est décédé le 13 octobre 2026 dans les locaux de l’Agence de développement du Burundi (ADB) situés à Bujumbura. Les obsèques de l'intéressé ont eu lieu le mercredi 21 octobre 2026, sans qu'aucune autopsie publique ne soit réalisée.
La mère de Bruce Sebanza a exprimé son incompréhension face aux circonstances de ce décès. « Personne ne peut manquer d’ennemis, mais Bruce était très aimé », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Au travail, il était professionnel. Ses collègues le savent. Il était très fiable. » Concernant les causes de la mort, elle a affirmé : « Bruce est finalement mort… Bruce a subi une torture barbare, je dirais. » Les autorités n'ont pas encore communiqué les résultats d'une enquête officielle sur cet incident survenu au sein de l'agence.
Des circonstances troublantes au travail
Des témoins ont rapporté avoir entendu des cris de détresse provenant des bureaux de l’Agence de développement du Burundi (ADB) au cours de la nuit du 12 au 13 octobre 2026. Un membre du personnel de la morgue a observé l'état du défunt : « Ce corps présente des traces physiques qui témoignent d’une possible constriction, peut-être par une corde. »
Révérien Nizigiyimana, directeur général de l’ADB, est le déclarant mentionné sur l’attestation de décès. Ce document administratif indique comme lieu du décès « à domicile (dans les locaux de l’A.D.B.) ». Un observateur a souligné cette anomalie : « Pire encore, l’attestation de décès indique une mort à domicile, alors que le décès est survenu dans les locaux de l’ADB. C’est une contradiction notoire. »
Le transfert vers l'hôpital militaire
Le corps de Bruce Sebanza a été acheminé vers l'hôpital militaire de Kamenge le 13 octobre 2026, vers 13h00, à bord d'un pick-up du gouvernement. Un proche de la famille a décrit les conditions de ce transfert : « C’est un pick-up du gouvernement qui a amené son corps à l’hôpital militaire de Kamenge. Il était déshabillé. Son pantalon et sa chemise se trouvaient à côté de lui. Il portait un singlet très sale et ensanglanté, ainsi qu’un caleçon. » Ce même membre de la famille a rapporté des observations sur l'état physique du défunt au moment de son arrivée : « Quand j’ai touché ses doigts rétractés, j’ai senti que son corps était encore chaud. Ses joues présentaient de vives écorchures, comme celles d’une personne qui aurait été traînée sur le sol. »
Un ancien détenu, ayant côtoyé Bruce Sebanza par le passé, a évoqué la personnalité de l'homme : « Bruce était un homme très pacifiste. Il n’avait de problèmes avec qui que ce soit durant son séjour à Mpimba. »
La Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) s'est rendue dans les locaux de l’Agence de développement du Burundi (ADB) afin d'enquêter sur les circonstances du décès. Au terme de cette visite sur les lieux, la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) a officiellement requis l'ouverture d'une enquête. Les autorités n'ont pas encore rendu publiques les conclusions de ces investigations.