La revalorisation des cultures d'exportation stimule l'économie locale à Kayanza

Godefroid Niyonizigiye, administrateur de la commune Kayanza, inspectant des cultures.
Photo: Jean Marie Ndayisenga via Lerenouveau

La commune Kayanza, au Burundi, connaît un élan économique sans précédent dans le secteur des cultures d'exportation. Cette dynamique est attribuable à une augmentation significative des prix d'achat du café, à une mobilisation accrue autour de la culture du thé, et à une expansion rapide des plantations d'avocats de la variété « Ruhere ». Ces facteurs combinés contribuent à stimuler l'économie locale et à améliorer les revenus des producteurs dans cette région, marquant un tournant pour l'agriculture locale et la prospérité des ménages.

Le café, moteur de la reprise

La production de café a enregistré une augmentation significative cette saison dans la commune de Kayanza. Cette hausse est notamment due à la décision du gouvernement burundais d'augmenter le prix d'achat du café, une mesure qui, selon les observateurs, a découragé la fraude et incité les cultivateurs à intensifier leurs efforts dans les champs. L'impact de cette décision a été immédiat et palpable sur le terrain. Les agriculteurs de la région sont désormais occupés quotidiennement à arroser les jeunes pousses et à pratiquer le greffage, afin d'optimiser la production future et d'assurer la pérennité de cette culture essentielle. Cette mobilisation accrue des producteurs et les incitations gouvernementales ont relancé l'intérêt pour cette culture d'exportation majeure, qui est historiquement un pilier de l'économie burundaise. La confiance retrouvée des caféiculteurs est un indicateur clé de cette reprise économique.

Le thé et l'avocat, cultures d'avenir

Parallèlement à la relance du secteur caféier, d'autres cultures d'exportation connaissent également un essor. La population s'est engagée dans une plantation massive d'avocatiers de la variété « Ruhere ». Cette initiative est le fruit d'une directive claire : chaque ménage doit planter au moins dix avocatiers « Ruhere ». Cette consigne est bien comprise et largement appliquée sur le terrain, selon les observations locales, témoignant de l'engagement des communautés. Les jeunes plants d'avocats sont soigneusement entretenus, promettant une diversification des sources de revenus pour les familles.

Dans le même temps, les producteurs de thé demandent une revalorisation du prix d'achat par kilogramme de leurs feuilles, afin d'aligner leurs revenus sur ceux des caféiculteurs. Cette requête vise à assurer une meilleure équité économique entre les différentes filières agricoles d'exportation et à reconnaître l'effort fourni par les cueilleurs et les cultivateurs de thé. L'État burundais, selon des sources officielles, étudie déjà cette demande émanant des cultivateurs de thé, dans l'objectif de soutenir le secteur et d'améliorer les conditions de vie des producteurs. Cette considération gouvernementale est perçue comme un signe positif par la filière thé, espérant une évolution favorable de leurs revenus.

Impact économique et social

Ces activités agricoles diversifiées renforcent le pouvoir d'achat des ménages dans la commune de Kayanza. Elles génèrent également des recettes fiscales importantes pour la commune, contribuant au financement des services publics locaux. Plus largement, ces exportations apportent des devises étrangères précieuses au pays, un facteur essentiel pour la stabilité économique nationale. Cette dynamique rapproche ainsi le Burundi de ses objectifs de développement nationaux ambitieux fixés pour 2040 et 2060, qui visent une transformation socio-économique profonde. Un changement notable, et particulièrement apprécié par les producteurs, est la rapidité avec laquelle ils reçoivent désormais leurs paiements. Contrairement aux retards chroniques observés au cours des années précédentes, les fonds sont versés très rapidement, ce qui améliore considérablement la gestion financière des ménages agricoles et renforce leur confiance dans le système.

Perspectives et objectifs nationaux

L'ensemble de ces initiatives agricoles, qu'il s'agisse de la revalorisation du café, de l'expansion de l'avocat « Ruhere » ou de l'attention portée aux revendications des producteurs de thé, s'inscrit dans une vision stratégique nationale. Elles sont conçues pour stimuler l'économie rurale, réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire, tout en consolidant la position du Burundi sur les marchés internationaux des produits agricoles d'exportation. La commune de Kayanza, par son dynamisme actuel, démontre le potentiel d'une approche intégrée du développement agricole, où les politiques gouvernementales, l'engagement des communautés et la diversification des cultures se conjuguent pour un avenir plus prospère.