Hausse des prix du matériel scolaire : les parents s'inquiètent avant la rentrée 2026-2027

Des commerçants des fournitures scolaires dans le centre-ville de Bujumbura
Photo via Iwacu-burundi

Les prix du matériel scolaire connaissent une augmentation significative sur les marchés à l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027. Cette hausse inquiète de nombreux parents, dont Jean-Bosco Hatungimana, qui n'a pu acheter que la moitié des fournitures nécessaires pour ses enfants. La situation est exacerbée par les conséquences de l'incendie qui a touché la Galerie Le Parisien et les Galeries Ndayizamba, des lieux où les achats en gros étaient auparavant plus avantageux. L'augmentation des coûts des fournitures scolaires est devenue une préoccupation majeure pour les ménages, menaçant de compromettre la préparation des élèves pour la nouvelle année scolaire.

Jean-Bosco Hatungimana, un parent confronté à cette réalité, a expliqué à la presse l'ampleur de ses difficultés : « Cela me permettait de réduire les dépenses car, acheter directement en gros revient moins cher. Mais, cette année, avec l’incendie, la situation est devenue très difficile. Jusqu’à présent, je n’ai pu acheter qu’environ la moitié des fournitures nécessaires pour mes enfants. Les prix ont fortement augmenté et mon budget ne me permet pas de tout acheter en une seule fois auprès des commerçants détaillants. Je suis donc obligé d’attendre et de chercher d’autres moyens pour pouvoir compléter le reste avant la rentrée. » Son témoignage met en lumière la stratégie d'achat en gros, désormais compromise, et la nécessité pour les parents de fractionner leurs dépenses, voire de retarder certains achats essentiels, face à des budgets contraints et des prix en constante augmentation.

Prix en forte augmentation

L'examen des prix sur le marché révèle des hausses substantielles pour de nombreux articles de base. Un cahier de 100 pages de bonne qualité, de marque Buja-Ville, est actuellement commercialisé entre 4 000 et 4 500 BIF, contre 3 000 BIF l'année précédente. Cette augmentation représente une hausse significative pour les familles, qui doivent désormais débourser un tiers de plus pour un article indispensable. Un autre point de vente, la Librairie Saint-Paul, propose le même cahier de 100 pages à 6 000 BIF, ce qui accentue la disparité des prix sur le marché et complique la tâche des parents cherchant les meilleures offres.

Les cahiers de plus petit format sont également touchés. Un cahier de 60 pages de la marque Rukoko est désormais vendu à 3 500 BIF, alors qu'il coûtait 2 000 BIF l'année dernière. Ce produit, essentiel pour de nombreux écoliers, voit son prix grimper de 1 500 BIF en un an, soit une augmentation de 75%. Le coût d'un registre a également connu une hausse notable, passant de 17 000 BIF à 20 000 BIF. Les fournitures plus volumineuses et durables sont ainsi impactées par cette tendance inflationniste, rendant l'équipement complet d'un élève de plus en plus onéreux pour les familles.

L'habillement scolaire n'est pas épargné par ces augmentations. Pour un enfant entrant en première année, l'uniforme scolaire coûte désormais environ 30 000 BIF. Ce montant représente une augmentation substantielle par rapport aux 18 000 BIF enregistrés l'année dernière pour la même tenue, soit une hausse de 66%. Cette dépense, souvent obligatoire, s'ajoute aux coûts des fournitures et pèse lourdement sur le budget des ménages à l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027. L'ensemble de ces hausses cumulées rend la préparation de la rentrée particulièrement difficile pour un grand nombre de familles.

Impact sur les familles

La situation est particulièrement difficile pour des commerçants eux-mêmes touchés par les événements. Marthe Kwizera, mère de cinq enfants résidant dans la zone de Musaga, tenait un stand de fournitures scolaires au sous-sol de la Galerie Le Parisien. L'incendie de cette galerie, un lieu central pour l'approvisionnement en gros et la vente au détail, a eu des répercussions directes sur sa capacité à préparer la rentrée de ses propres enfants. L'ensemble de ses marchandises a été détruit, la laissant sans stock et sans les fournitures qu'elle destinait à sa famille, une perte financière et personnelle considérable.

Marthe Kwizera a exprimé son désarroi face à cette perte inattendue, déclarant : « Personne ne pensait que nos marchandises partiraient un jour en fumée. C’est pourquoi je n’avais pas pensé à mettre de côté les cahiers destinés à mes enfants. Je leur avais dit qu’ils les auraient quelques jours avant la rentrée scolaire. Mais, les accidents ne préviennent pas. Je me suis retrouvée sans aucune marchandise. » Cette situation illustre la double peine que subissent certains acteurs économiques : la perte de leur activité et l'incapacité de pourvoir aux besoins de leur foyer, ajoutant une pression financière et logistique supplémentaire à l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027. La destruction de ces galeries commerciales a non seulement affecté les commerçants comme Marthe Kwizera, mais a également réduit les options d'achat en gros pour les parents, contribuant ainsi à la flambée des prix et à la raréfaction de certains articles sur le marché.

Réactions des consommateurs et commerçants

Les commerçants de fournitures scolaires du centre-ville de Bujumbura sont confrontés à des difficultés d'approvisionnement et à des coûts d'achat en gros plus élevés, répercutant ces hausses sur les prix de vente au détail. Cette situation est exacerbée par la destruction de stocks importants due à des incendies récents, selon des observations sur le marché. Les commerçants doivent faire face à des défis logistiques et financiers qui se traduisent inévitablement par des prix plus élevés pour le consommateur final.

À la Galerie Plaza, un point de vente majeur pour les fournitures scolaires à Bujumbura, les prix affichés témoignent de cette tendance inflationniste. Les consommateurs y constatent des augmentations significatives sur les articles courants, ce qui rend l'achat de la liste complète de fournitures de plus en plus difficile. L'impact de ces hausses se fait sentir directement sur le pouvoir d'achat des familles.

La Librairie Saint-Paul, également située dans la capitale, propose certains articles à des tarifs qui reflètent ces hausses, contribuant à la pression financière ressentie par les familles. Un cahier de 100 pages, par exemple, y est vendu à 6 000 BIF, un prix jugé élevé par plusieurs parents interrogés, soulignant l'écart parfois important entre les différents points de vente. Ces variations de prix compliquent la recherche de solutions économiques pour les parents.

Face à cette situation préoccupante, l'Association burundaise des consommateurs (Abuco) a exprimé son inquiétude concernant l'impact de ces augmentations sur le budget des ménages. L'organisation a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures pour limiter la flambée des prix et alléger le fardeau des parents à l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027. L'Abuco met en garde contre les conséquences d'un accès réduit aux fournitures essentielles pour les élèves, qui pourrait entraîner des disparités dans l'éducation et freiner le parcours scolaire de nombreux enfants. La capacité des familles à équiper correctement leurs enfants pour l'école est un indicateur clé du bien-être social et économique, et la situation actuelle soulève de sérieuses questions quant à l'équité et l'accès à l'éducation.