L'Assemblée nationale a tenu une séance plénière le 15 octobre 2026 au Burundi. Les députés ont examiné le rapport public annuel 2025-2026 produit par la Cour des comptes. Gélase Daniel Ndabirabe, Léopold Kabura et Anicet Mbonifasha ont pris part à cette session parlementaire consacrée à l'analyse des finances publiques. Ce document officiel détaille les activités et les observations de l'institution de contrôle sur la gestion budgétaire. Les parlementaires ont ainsi audité les conclusions de la Cour des comptes pour évaluer la conformité des dépenses effectuées par les services de l'État. Ces travaux de contrôle parlementaire interviennent dans le cadre des missions de surveillance de l'Assemblée nationale sur l'usage des deniers publics pour l'exercice concerné.
Un bilan comptable très insuffisant
Douze entités publiques sur un total de 303 ont transmis leurs comptes à la Cour des comptes pour la période 2025-2026. Léopold Kabura, président de la Cour des comptes, a précisé lors de la séance parlementaire du 15 octobre 2026 que « seules douze entités avaient réussi à transmettre leurs rapports de compte ». Ce volume limité de dossiers reçus empêche une certification exhaustive des comptes de l'État par l'institution.
L'exercice de ces missions de contrôle s'appuie sur l'article 18 de la loi n° 1/002 du 31 mars 2004. Ce cadre législatif définit les prérogatives de la Cour des comptes en matière de vérification des finances publiques au Burundi. L'institution utilise ces dispositions pour exiger la production des pièces comptables nécessaires à l'examen de la régularité des opérations financières des services étatiques.
La Cour des comptes a par ailleurs réalisé l'analyse budgétaire couvrant les exercices fiscaux 2023-2024 et 2024-2025. Ces travaux techniques incluaient également l'étude des projets de loi de finances pour les années 2025-2026 et 2026-2027. Ces analyses visent à fournir aux députés de l'Assemblée nationale des éléments d'appréciation sur la sincérité et la viabilité des prévisions budgétaires soumises par le gouvernement.
L'institution de contrôle a identifié plusieurs obstacles entravant la bonne exécution de ses missions. Le rapport public pointe une révision incomplète du cadre juridique régissant les finances publiques. Les magistrats financiers dénoncent également l'insuffisance des ressources humaines et budgétaires allouées à leurs services. Ces contraintes structurelles limitent la capacité opérationnelle de la Cour des comptes à mener des audits approfondis sur l'ensemble du périmètre public. Le document note enfin le non-respect des normes édictées par l'Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI). Ce défaut de conformité aux standards internationaux fragilise la méthodologie de contrôle appliquée par l'institution dans sa surveillance des deniers publics.