L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé jeudi 3 septembre l'établissement du phénomène El Niño, qui devrait s'intensifier pour devenir très puissant. Ce phénomène climatique persistera avec une probabilité quasi certaine jusqu'en février 2027. Pour l'Afrique de l'Est et le Burundi, la période critique est prévue d'octobre 2026 à février 2027. L'OMM prévoit que le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et la Somalie, pays voisins du Burundi, seront confrontés au même phénomène durant la saison des pluies, d'octobre à décembre.
Risques et impacts régionaux
Dans la région, un épisode puissant d'El Niño, particulièrement lorsqu'il est combiné à un dipôle positif de l'océan Indien, se traduit généralement par des pluies plus courtes et plus abondantes que la normale. Cette situation météorologique accrue augmente considérablement les risques pour les populations et les infrastructures locales. Les risques d'inondations, de glissements de terrain, de champs inondés, de routes détruites et d'épidémies sont considérés comme quasi certains. Ces événements pourraient avoir des répercussions importantes sur l'agriculture, les déplacements de populations et la santé publique dans l'ensemble de l'Afrique de l'Est.
Préparation et actions immédiates
Face à cette menace, les autorités se voient recommander cinq points d'action immédiats. Il s'agit en premier lieu de renforcer les services météorologiques nationaux pour améliorer la précision des prévisions. Les préparatifs incluent également le pré-positionnement d'outils de survie et le nettoyage des drains afin de minimiser les dégâts potentiels. Une autre mesure essentielle consiste à protéger les cultures avant les semis et à conseiller les agriculteurs sur les pratiques adaptées. La réparation des routes et des ponts est également jugée clé pour maintenir la connectivité et faciliter les secours. Enfin, la coordination au-delà des frontières est préconisée pour une réponse régionale concertée.
Les citoyens sont également appelés à prendre des initiatives individuelles pour se prémunir contre les impacts d'El Niño. Il leur est demandé de dégager les zones de drainage autour de leurs habitations et de s'abstenir de construire dans les zones sujettes aux inondations. La conservation sécurisée des documents importants et des semences est une autre recommandation clé. La population est encouragée à se fier uniquement aux alertes officielles des autorités compétentes.
Appels à l'action
Face à la menace posée par le phénomène El Niño, les Nations Unies ont lancé un appel à l'action. António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, a instamment demandé aux dirigeants mondiaux de « faire face » à cette situation, soulignant l'importance d'une préparation adéquate. Il a mis en avant la nécessité d'une réponse rapide et collective pour atténuer les impacts. Celeste Saulo, la Secrétaire générale de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), a également exhorté à la préparation, insistant sur le fait que les « alertes précoces doivent s'accompagner d'actions précoces ». Ces déclarations soulignent l'urgence de prendre des mesures concrètes et coordonnées. Les appels se concentrent sur le renforcement des systèmes d'alerte, la mise en place de plans d'urgence et la mobilisation des ressources nécessaires pour protéger les populations vulnérables et leurs moyens de subsistance dans la région de l'Afrique de l'Est.