Environ 35 000 réfugiés demeurent au camp de réfugiés de Busuma, situé dans l’est du Burundi, à la date du 21 octobre 2026. Ouo-ouo Sakouvogui, coordinateur de la réponse d'urgence de Médecins Sans Frontières (MSF) sur place, met en garde : « Si rien ne change, la situation pourrait une nouvelle fois devenir extrêmement critique. »
Asiya Bipemaju, réfugiée au camp, témoigne de ses conditions de vie : « Maintenant nous avons du mal à dormir et à nourrir nos enfants. Tous ces problèmes pèsent lourdement sur moi. Honnêtement, je suis dépassée. Je veux rentrer chez moi. » Adélaïde Ouabo, coordinatrice des programmes de MSF au Burundi, ajoute : « Il est inacceptable que les réfugiés pensent qu'ils préféreraient risquer leur vie plutôt que de rester dans un camp censé les protéger et les soutenir. »
Une précarité sanitaire alarmante
Médecins Sans Frontières (MSF) a relevé des conditions d'hygiène précaires au camp de réfugiés de Busuma en septembre 2026. L'organisation humanitaire a constaté la présence d'une latrine pour 119 personnes et d'une douche pour 242 personnes au sein de cette structure. Ces infrastructures insuffisantes accompagnent une pression médicale importante sur le terrain. Entre juillet et septembre 2026, les équipes de MSF ont réalisé plus de 12 000 consultations en soins ambulatoires. Ces interventions ont bénéficié aux résidents du camp ainsi qu'aux membres de la communauté d'accueil située à proximité immédiate.
Le tarissement des financements humanitaires
Certaines organisations humanitaires présentes sur le site ne disposent d'engagements financiers que jusqu'à la fin de l'année 2026. D'autres structures actives auprès des réfugiés n'ont aucun financement confirmé au-delà d'octobre 2026. Vanessa Niyonizigiye, psychologue clinicienne pour MSF, observe les conséquences directes de cette situation : « Many people are deeply desperate. Aid is dwindling, while some people do not even have a tarpaulin or a blanket to protect themselves. »
Ibonge Alinoti, arrivé au camp de réfugiés de Busuma en décembre 2025 après avoir fui des affrontements près d'Uvira, en République démocratique du Congo (RDC), exprime un sentiment d'abandon. « It feels as though we are goats tied to a stake and left there to graze. I thought I would be able to go home in April, but we are still in this camp where everything is in short supply. We are suffering so much », confie-t-il. Face à l'insuffisance de l'assistance, le souhait de départ devient prédominant chez les résidents. « We simply do not want to stay here. There is too much suffering and not enough aid. We do not want money; we want to leave. I have already fled violence three or four times in the Congo. If it happens again, we will flee again », ajoute Ibonge Alinoti.
La perspective d'un retour volontaire constitue une issue pour une partie des effectifs. Plus de 20 000 réfugiés ont regagné la République démocratique du Congo depuis avril 2026, dans le cadre d'un programme de retour volontaire dirigé par les Nations unies. Ce mouvement de population s'inscrit dans un contexte où les conditions de vie au sein du camp de Busuma deviennent de plus en plus précaires, poussant les individus à envisager un retour malgré les risques persistants dans leur pays d'origine. Les capacités d'accueil et de soutien matériel, déjà limitées par les incertitudes budgétaires des organisations humanitaires, peinent à répondre aux besoins fondamentaux des personnes encore présentes sur place, renforçant la détresse psychologique au sein de la communauté.