Crise alimentaire et exploitation financière à la prison de Murembwe

Burundi : les détenus de Murembwe privés de farine et contraints d’acheter du charbon à des prix exorbitants
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

La prison centrale de Murembwe est située dans la commune de Rumonge, au sein de la province de Burunga, au sud-ouest du Burundi. Cet établissement pénitentiaire, qui constitue un point de détention majeur pour la région, fait face à des défis logistiques et humanitaires croissants. Les détenus de cet établissement pénitentiaire subissent une pénurie de farine de manioc et de maïs depuis le début du mois d'octobre 2026. Cette carence en denrées alimentaires de base impacte directement le quotidien de la population carcérale, qui dépend de ces produits pour assurer ses besoins nutritionnels fondamentaux.

Une surpopulation carcérale critique

La prison centrale de Murembwe héberge actuellement plus de 1 300 détenus. Cette situation intervient alors que la capacité d'accueil officielle de l'établissement pénitentiaire est limitée à 800 personnes. L'écart entre le nombre de résidents et la capacité théorique de la structure accentue les pressions sur les ressources disponibles et les infrastructures de vie. La gestion des flux au sein de la prison centrale de Murembwe, située dans la commune de Rumonge, devient ainsi une préoccupation logistique majeure dans la province de Burunga.

Les conditions économiques à l'intérieur de la prison se caractérisent par un écart de prix significatif sur le charbon de bois, une ressource indispensable pour la cuisson des aliments. Un seau de ce combustible est vendu 20 000 francs burundais au sein de la structure. À titre de comparaison, le tarif pratiqué à l'extérieur de l'établissement pour une quantité équivalente s'établit à 12 000 francs burundais. Cette différence tarifaire crée une charge financière importante pour les détenus, alors que le charbon de bois demeure l'unique moyen accessible pour préparer les repas quotidiens.

Les détenus sont par ailleurs dans l'interdiction de recevoir du charbon de bois apporté par leurs familles depuis l'extérieur de la prison. Cette mesure restreint l'accès aux ressources nécessaires à la préparation des repas pour les personnes incarcérées à Murembwe, dans la province de Burunga. En empêchant l'apport extérieur de ce combustible, la direction de la prison contraint de fait les détenus à se fournir exclusivement auprès des circuits de vente internes, où les prix sont fixés à un niveau bien supérieur aux tarifs en vigueur dans la commune de Rumonge.

Cette conjonction de facteurs — la raréfaction des denrées alimentaires de base comme la farine de manioc et de maïs, la surpopulation dépassant largement les 800 places initialement prévues, et les restrictions imposées sur l'approvisionnement en combustible — place les détenus dans une situation de vulnérabilité accrue. La gestion de la vie quotidienne au sein de la prison centrale de Murembwe, au sud-ouest du Burundi, est désormais marquée par ces tensions économiques et logistiques qui affectent directement la subsistance de chaque personne incarcérée dans cet établissement de la province de Burunga.