Controverse sur les nouvelles régulations des engrais au Burundi

Des agriculteurs de Bubanza à l’ouest du Burundi à un point de distribution des engrais chimiques en octobre 2026.
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage du Burundi a émis de nouvelles conditions pour l’importation des engrais chimiques le 21 octobre 2026. Ces dispositions réglementaires encadrent désormais les activités d’approvisionnement en intrants agricoles sur l’ensemble du territoire burundais.

SOS Médias Burundi rapporte les critiques émises par la société civile face à cette mesure gouvernementale. Selon l’agence, « l’organisation burundaise Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM) dénonce les conditions d’importation des engrais chimiques récemment annoncées par le gouvernement ». Cette prise de position marque une opposition directe aux modalités définies par les autorités ministérielles concernant la gestion des fertilisants. Les acteurs concernés par ce secteur attendent désormais des précisions sur l’application concrète de ces changements administratifs.

Nouvelles conditions d'importation imposées

Les importateurs d'intrants agricoles doivent désormais soumettre une lettre officielle au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage. Cette procédure administrative exige de détailler précisément le type d'engrais importé, les quantités prévues ainsi que le pays d'origine du produit. Chaque opérateur économique est tenu de respecter ces nouvelles formalités pour obtenir l'autorisation d'importer sur le territoire burundais.

Parallèlement, les autorités imposent une restriction stricte concernant la nature des produits autorisés. L'importation des engrais liquides est formellement interdite par la nouvelle régulation ministérielle. Cette mesure s'applique uniformément à tous les acteurs du secteur agricole opérant au Burundi. Ces exigences complètent les dispositions annoncées le 21 octobre 2026, modifiant ainsi les conditions d'approvisionnement en fertilisants à travers le pays. Les commerçants et importateurs doivent désormais se conformer à ces directives techniques pour poursuivre leurs activités d'importation.

Calendrier de paiement et distribution

Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage a repoussé la date limite pour le paiement du solde des engrais chimiques au 24 octobre 2026. Cette échéance révisée offre un délai supplémentaire aux agriculteurs et aux opérateurs économiques pour régulariser leurs transactions financières auprès des services compétents. Le respect de ce calendrier constitue une condition préalable à l'accès aux intrants selon les nouvelles directives ministérielles.

La distribution effective des quantités d'engrais dont le paiement a été honoré débutera le 26 octobre 2026. Les autorités organisent ce déploiement logistique pour assurer le transfert des fertilisants vers les zones agricoles après la clôture des opérations de règlement financier. Les bénéficiaires et les distributeurs sont appelés à se préparer pour cette phase de livraison qui succède immédiatement à la période de paiement.

Faustin Ndikumana, directeur de l’organisation Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM), a exprimé son désaccord vis-à-vis de ces nouvelles mesures le 22 octobre 2026. Faustin Ndikumana craint que la mise en œuvre de ce système ne favorise une concentration de la gestion des intrants entre les mains de quelques acteurs privilégiés. Cette critique pointe un risque de verrouillage du marché au détriment d'une concurrence ouverte, selon les observations formulées par le directeur de PARCEM.