Au Burundi, les syndicats Cosybu et CSB, en partenariat avec l'organisation Inspira, ont organisé un atelier de plaidoyer pour la ratification de conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Cette rencontre a eu lieu le jeudi 3 septembre 2026. L'objectif était de sensibiliser les acteurs concernés à l'importance de ces instruments internationaux, considérés comme fondamentaux pour l'amélioration des conditions de travail et la promotion d'un environnement professionnel juste et équitable dans le pays. La ratification de ces conventions est perçue comme une étape clé pour aligner les normes nationales sur les standards internationaux du travail.
L'atelier a également été l'occasion de présenter une étude approfondie portant sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et le devoir de vigilance au Burundi. Cette présentation visait à éclairer les participants sur les pratiques actuelles et les défis liés à ces concepts dans le contexte burundais, offrant un aperçu des réalités du terrain et des marges de progression.
Étude sur les conditions de travail
L'étude présentée lors de l'atelier a révélé que de nombreuses lois relatives à la protection des travailleurs sont respectées au sein de quatre entreprises des secteurs agroalimentaire et minier. Toutefois, les conclusions de cette étude soulignent la nécessité de déployer des efforts supplémentaires pour améliorer le climat général sur les lieux de travail. Le document met également en lumière une perception négative des syndicats par certains dirigeants d'entreprise, qui les considèrent comme des rivaux plutôt que comme des partenaires sociaux indispensables à un dialogue constructif. Cette méfiance entrave souvent la mise en place de mécanismes de collaboration efficaces.
Objectifs des conventions visées
Les syndicats Cosybu et CSB plaident pour la ratification de plusieurs conventions clés de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Parmi celles-ci figurent la convention 155 sur la sécurité et la santé au travail, qui établit les principes d'une politique nationale cohérente en la matière, et la convention 187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail, qui vise à instaurer une culture de prévention. La convention 122 concernant la politique de l'emploi est également ciblée, dans l'optique de favoriser des politiques de plein emploi productif et librement choisi. D'autres instruments visés incluent la convention 120 sur les prestations en cas d'accidents du travail et de maladies professionnelles, essentielle pour la protection sociale des travailleurs, et la convention 102 sur la sécurité sociale (norme minimale), qui fixe des standards pour les systèmes de sécurité sociale. La convention 160 relative aux services de l'emploi est également en jeu, pour améliorer l'efficacité des marchés du travail. Les conventions 167 (sécurité et santé dans la construction), 189 (travailleurs domestiques) et 190 (risques biologiques au travail) complètent cette liste, visant à protéger des catégories spécifiques de travailleurs et à adresser des risques émergents. L'objectif de ce plaidoyer est d'améliorer la production au sein des entreprises burundaises en garantissant des conditions de travail plus sûres et plus justes.
Appel à la collaboration patronale
Les employeurs et les travailleurs doivent collaborer pour améliorer le climat de travail, a-t-il été souligné lors de l'atelier. Cette collaboration est perçue comme essentielle pour un environnement professionnel plus serein et productif, où les intérêts de toutes les parties sont pris en compte. Un dialogue social renforcé permettrait de résoudre les désaccords et de construire des solutions mutuellement bénéfiques.
Les syndicats entendent sensibiliser aussi bien les travailleurs que les employeurs aux lois du travail. Cet effort vise à garantir que toutes les parties prenantes comprennent leurs droits et leurs responsabilités, favorisant ainsi le respect des cadres légaux existants et la promotion de bonnes pratiques. Une meilleure connaissance de la législation est considérée comme une base solide pour prévenir les abus et encourager un comportement éthique.
Contexte et enjeux syndicaux
L'étude présentée a également mis en évidence un manque de cadre de dialogue social ainsi que l'absence de syndicats de travailleurs au sein de certaines entreprises. Cette observation note les défis persistants en matière de représentation et de négociation collective dans le secteur privé burundais, où de nombreux employés peuvent se retrouver sans voix. Les organisations syndicales considèrent l'établissement de ces structures comme fondamental pour la protection des droits des employés et l'amélioration des conditions de travail. La mise en place de mécanismes de dialogue est jugée essentielle pour prévenir les conflits sociaux, favoriser un environnement de travail constructif et assurer une application plus juste des réglementations. L'intégration des syndicats comme partenaires à part entière est vue comme une voie vers une meilleure gouvernance d'entreprise et une plus grande stabilité sociale.