Burundi : La CVR appelle les médias à soutenir la réconciliation nationale

La Commission vérité et Réconciliation (CVR) a tenu une conférence de presse le 15 octobre 2026 à Gitega, au Burundi. Cette rencontre visait à définir le rôle des médias dans le processus de réconciliation nationale porté par l'institution. Pierre Claver Ndayicariye, Amédée Hakizimana et Amédée Habimana ont participé à ces échanges officiels pour préciser les attentes de la Commission vérité et Réconciliation vis-à-vis des professionnels de l'information. Les intervenants ont insisté sur la responsabilité des organes de presse pour accompagner les travaux en cours. Cette réunion marque une étape dans la communication publique de la Commission vérité et Réconciliation sur le territoire burundais. Les représentants présents ont réitéré l'importance d'un traitement médiatique mesuré concernant les dossiers traités par l'instance à Gitega.

Bilan du rapport sur 1972

La Commission vérité et Réconciliation a officiellement présenté son rapport final sur le génocide de 1972 contre les Hutu du Burundi devant le Parlement le 16 juin 2026. Ce document constitue une étape majeure dans les travaux de l'institution, qui se tourne désormais vers d'autres périodes sombres de l'histoire nationale. Les prochaines investigations de la Commission vérité et Réconciliation porteront sur les massacres de 1988, les crises de Ntega et Marangara, celles de 1991 et 1993, ainsi que sur la guerre civile qui a suivi ces événements.

Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission vérité et Réconciliation, a profité de la conférence de presse pour interpeller les journalistes sur leur rôle dans cet exercice de mémoire. « A vous, professionnels des médias, nous demandons d’être des partenaires engagés dans la diffusion d’une information juste, équilibrée et constructive », a-t-il déclaré. Il a précisé la méthodologie adoptée par ses services : « Les équipes se rendent sur le terrain pour entendre ceux qui ont vécu les événements. Un travail qui exige, selon lui, de la rigueur, de l’impartialité, de la patience et un profond respect de la dignité humaine : derrière chaque témoignage se trouve une histoire, derrière chaque dossier une souffrance, derrière chaque investigation l’exigence de rechercher la vérité sans céder aux préjugés, aux manipulations ni aux considérations partisanes ».

Parallèlement à ces recherches historiques, la Commission vérité et Réconciliation gère des dossiers fonciers depuis environ deux ans. Cette mission de traitement des litiges liés aux terres s'inscrit dans le cadre global de son action pour la réconciliation. L'institution se prépare par ailleurs à une transition opérationnelle, son nouveau mandat étant programmé pour débuter le 25 octobre 2026. Cette échéance marquera le passage vers une nouvelle phase de travail pour l'organisme, qui entend poursuivre ses activités d'enquête sur les violences passées tout en maintenant ses responsabilités actuelles en matière de conflits fonciers.